
Samedi, les magasins H&M proposaient une collection limitée de vêtements griffés Sonia Rykiel. Une opération qui a attiré de nombreux clients et qui a donné lieu à des scènes ahurissantes d’émeutes.
Voici une vidéo qui tourne sur internet, on peut voir à quel point le lancement de la collection H&M / Sonia Rykiel peut créer un énorme émeute dans un magasin de la marque H&M à Toulouse.

Un vendeur m’avait pourtant mise en garde deux jours plus tôt. Si je voulais acheter des vêtements de la collection Sonia Rykiel pour H&M “c’était samedi à partir de 10 heures. Et je vous conseille de ne pas faire de grass’mat”.
Samedi, 10 heures donc, centre commercial de Vélizy 2, en région parisienne. Dès que je rentre dans la galerie, j’aperçois une masse de clientes pénétrer dans le magasin H&M à peine le rideau levé. On croirait voir une scène d’ouverture des soldes. J’accélère le pas. C’est où ? Je ne vois rien. J’essaie de me frayer un chemin entre toutes les fashionnistas qui s’arrachent les articles. Pas facile. On me pousse. Certaines clientes baissent les bras : “Ces filles sont folles, tout ça pour des fringues, c’est n’importe quoi. Tant pis je m’en vais”. J’arrive péniblement à attraper deux petits pulls. Pas le temps de voir la taille. Je comprends qu’il faut faire vite. En quelques minutes à peine, les stands sont vides. Je suis un peu déçue, mais tant pis.
“On m’a tiré les cheveux”
Puis, Ô miracle, un vendeur arrive avec des dizaines de produits. Avec d’autres femmes de tous âges, je me précipite vers lui. “Attention, je ne m’arrête pas”, prévient-il la mine déconfite. Il y a cette petite robe rose que j’avais repérée auparavant sur le site. Je la saisis ainsi que d’autres articles. Là encore je n’ai pas le temps de regarder la taille. On verra plus tard. A ce moment, une vendeuse passe furieuse. “Je me suis faite agressée. On m’a tiré les cheveux quand j’ai apporté du réassort”, lance t-elle à son collègue, les yeux pleins de larmes.
Tout à coup, il y a un mouvement de foule. J’entends des gens crier. “Moi, moi, moi, par ici, s’il vous plait”. Des accros de la marque aux rayures s’agglutinent à l’entrée du stock. Las de se frayer un chemin entre toutes “ces guerrières” pour réapprovisionner les rayons, les vendeurs montrent les pièces et les distribuent à celle qui criera le plus fort.
Je profite d’une courte accalmie pour faire un bilan de mes prises. A peine ai-je déposé les articles devant moi qu’une femme d’une cinquantaine d’années tente de m’arracher un petit pull. Je tiens bon. Dans les allées, des femmes courent, crient. Les plus civilisées proposent d’échanger leurs articles quand elles n’ont pas la bonne taille.
“Rentrez vite chez vous, ne tentez pas les gens”
Il est temps pour moi de me diriger vers les caisses avec mon “trésor”, une dizaine d’articles. Je vois bien que je commence à faire des envieuses. On me regarde d’un air accusateur “Comment elle a fait celle la pour avoir autant d’articles?”. Et, ce n’est pas une impression. La caissière en me tendant mes achats dans deux superbes, mais très voyants, sacs roses griffés Sonia Rykiel, me conseille de rentrer chez moi. “Vous avez de la chance d’avoir tout ça, ne tentez pas les gens” me conseille t-elle. Un avertissement que j’ai sans tarder suivi à la lettre.
Quand je suis sortie du magasin à peine vingt minutes plus tard, il ne restait plus rien de cette collection. Et les retardataires qui m’ont vue sortir du magasin m’ont fusillée du regard. Une jeune fille tente de se rassurer “j’irai voir sur ebay ce que je peux trouver”, lance t-elle à sa copine. Dimanche, par curiosité, je suis allée voir sur le site en question. Il y a bien tous les articles de cette collection mais à quel prix !
Par Stéphanie Odéon - lci.tf1.fr